Comment la Suisse peut-elle devenir un pays du vélo ? Et quel rôle jouent les infrastructures, la législation, la sécurité et l’inclusion dans cette évolution ? Il y a environ deux semaines, lors du Veloforum 2026 à Berne, des experts, des responsables politiques et des associations ont débattu de l’avenir du vélo.
Am Veloforum Schweiz steht die Verdoppelung der mit dem Velo gefahrenen Strecken bis 2035 im Zentrum.
Christophe Najdovski, ancien adjoint au maire de Paris, a montré l’exemple en matière de changements durables dans les infrastructures. Ces dernières années, la capitale française a redistribué l’espace routier, développé les pistes cyclables et créé de nouveaux espaces attrayants pour la population.
Sa question centrale : que veulent faire circuler les villes – les véhicules ou les personnes ? Pour M. Najdovski, il est clair que les infrastructures influencent les comportements. Ou, comme il le résume : « Construisez des pistes cyclables et les cyclistes viendront. »
L’attention s’est ensuite tournée vers la Suisse. Michael Liebi, président de la Conférence vélo Suisse, plaide pour que le vélo ne soit pas considéré comme un marché de niche, mais comme un élément à part entière d’un système de transport cohérent. Certains projets phares, comme le tunnel cyclable de Zurich, montrent ce qui est possible. Mais ce qui est déterminant, ce sont des réseaux continus, des carrefours sécurisés, des possibilités de stationnement et de bonnes correspondances avec les transports en commun.
Le conseiller fédéral Albert Rösti participait pour la première fois au Veloforum. Selon lui, la Suisse est sur la bonne voie pour la mise en œuvre de la loi sur les pistes cyclables. Il a souligné le rôle important du vélo dans la mobilité de proximité et a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas opposer les différents modes de transport les uns aux autres.
La table ronde des partis a permis de débattre de la manière dont les grands partis évaluent le rôle et le développement du système cycliste. Sur scène se trouvaient Philipp Matthias Bregy (président du parti Le Centre), Jürg Grossen (président du PVL), Lisa Mazzone (présidente des Verts), David Roth (vice-président du PS), Henrique Schneider (secrétaire général de l’UDC) et Benjamin Mühlemann (président du PLR).
Un consensus s’est surtout dégagé sur le fait qu’il ne fallait pas opposer les modes de transport les uns aux autres. Plutôt que de raisonner en catégories rigides telles que « cyclistes » et « automobilistes », il s’agit de choisir le mode de transport adapté en fonction du trajet. Pour cela, il faut créer les conditions permettant au vélo d’être une option attrayante et évidente au quotidien.
Manuela Schär, athlète en fauteuil roulant, a expliqué les possibilités que lui offre un handbike adapté. Elle a également mis en évidence les obstacles qui subsistent : l’accessibilité ne se limite pas au parcours lui-même. Elle concerne également l’accès au site, les parkings ou les sanitaires.
Heidi Hanselmann, présidente du conseil de fondation de la Fondation suisse pour paraplégiques, en a tiré une exigence claire : les personnes concernées ne doivent pas être prises en compte seulement à la fin, mais être impliquées dès le début dans la planification.
En ce qui concerne la sécurité , l’attention s’est également portée sur le système dans son ensemble. Faut-il rendre le port du casque obligatoire ? À quelles catégories de vélos cette obligation devrait-elle s’appliquer ? Les chiffres des accidents impliquant des vélos et des vélos électriques continuent de mettre en évidence la nécessité d’agir. Mais des infrastructures sûres peuvent également contribuer à atténuer les erreurs et à éviter les conflits. C’est dans ce contexte que le principe « 8–80 » a été évoqué : les infrastructures cyclables devraient être conçues de manière à ce que tant les enfants que les personnes âgées puissent s’y déplacer en toute sécurité.
Que retiendra-t-on du Veloforum 2026 ? Avant tout, la prise de conscience que l’amélioration du système cycliste ne repose pas sur une seule mesure. Il faut des voies sécurisées, des décisions politiques et une planification qui tienne compte des différents besoins.
Le chemin du vélo après 2042 sera parfois escarpé, mais avec le bon état d’esprit – et le bon vélo –, il est tout à fait praticable.
Vous trouverez une description détaillée du Veloforum chez notre partenaire Veloforum Suisse: Débats animés sur la transition cycliste et faits marquants de Paris – Veloforum
Vertreterinnen und Vertreter von Swiss Cycling und der Swiss Bike Park Foundation präsentieren ihre Anliegen am Veloforum. (Foto: Roadmap Velo)
Ein Podium am Veloforum thematisiert inklusives Velofahren. (Foto: Roadmap Velo)
An der «Velefantenrunde» diskutieren Politikerinnen und Politiker über die Zukunft des Veloverkehrs. (Foto: Roadmap Velo)
Bundesrat Albert Rösti spricht am Veloforum Schweiz über Verkehr und Veloförderung. (Foto: Roadmap Velo)
Christophe Najdowski zeigt am Beispiel Paris, wie mehr Platz für Velos geschaffen werden kann. (Foto: Roadmap Velo)